Le secteur fruitier regarde en avant

01.05.2018

Le secteur fruitier regarde en avant

Le libre-échange avec le Mercosur, de nouvelles intentions d’ouverture, la nouvelle restruc-turation d’Agroscope et les initiatives populaires dans le domaine des pesticides sont d’une importance cruciale pour la Fruit-Union Suisse (FUS). Aussi, ces thèmes étaient-ils placés au centre de la 20e assemblée des délégués de vendredi dernier à Morges VD.

Bruno Jud, président, souhaita la bienvenue à quelque cent trente délégués et invités au Casino à Morges : « Des nuits de gel dévastatrices nous ont frappés il y a exactement une année. Aujourd’hui, nous connaissons le résultat de ces conditions météorologiques extrêmes, à savoir une mauvaise récolte de fruits 2017 ». Les pertes de récolte ont été très importantes pour certains producteurs. Dans quelques cas, l’aide de Fondssuisse et le soutien des cantons ont permis de détendre quelque peu la situation financière. La nouvelle assurance des dégâts du gel est un premier pas, mais il en faudra plus.

Une appréciation sans équivoque de Philippe Leuba

Le conseiller d’État vaudois juge impossible de concentrer la recherche en agronomie appliquée et orientée sur la pratique dans un endroit situé hors des régions de production. « Je n’ai encore jamais fait santé avec un chasselas de Posieux », critiqua-t-il les plans du Conseil fédéral. La partie statutaire fut suivie d’un exposé par Thomas Bucheli, chef de la météo à la SSR (SRF) sur les liens étroits entre la météorologie et la production végétale. Les affaires statutaires ont été approuvées à l’unanimité.

L’Association s’engage pour une assurance de perte de récolte solide

Georg Bregy, directeur, a fait la rétrospective sur les gelées de 2017 et les pertes de récolte consécutives. « Il reste à notre association un devoir important : La gestion du risque sur les exploitations est à améliorer, car il est inconcevable qu’au vingt-et-unième siècle des événements naturels mettent en danger l’existence des exploitations dans notre pays. Lorsque les entrepreneurs sont dans l’impossibilité de ventiler et de supporter les risques, il faut une solution efficace portée par le secteur dans sa globalité. Nous imaginons une indemnisation des pertes de récoltes, quelle que soit la cause de la perte. Les expériences avec de telles solutions sont positives depuis longtemps à l’étranger. Nous sensibiliserons donc les chefs d’exploitation au thème de la gestion du risque. Et de préciser : Nous œuvrons en collaboration avec des partenaires à la mise en place dans le cadre du prochain cycle de politique agricole d’une base légale permettant à la Confédération de subventionner les primes. »

Une initiative sur l'eau potable plus dommageable que le libre-échange

« Les initiatives populaires portant sur les pesticides concernent la FUS au premier chef. L’initiative sur l’eau potable rate clairement sa cible et son acceptation serait catastrophique pour le secteur fruitier indigène », déclare M. Bregy, tandis qu'une contreproposition serait dangereuse et risquerait de diviser l’agriculture. La FUS combat cette initiative sans concession. L’association entend faire connaître l'arboriculture moderne au grand public en diffusant des courts-métrages au travers des canaux en ligne. Le directeur de la FUS explique qu’elle entend mettre en lumière de manière crédible et transparente les améliorations dans les techniques de production en « collant » au débat politique.


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