Les punaises causent des dégâts se chiffrant en millions

12.12.2019

Les punaises causent des dégâts se chiffrant en millions

La punaise diabolique a causé de très gros dégâts dans l’arboriculture suisse en 2019. Un recensement actuel montre que ces dégâts s’élèvent à plus de 3 millions de francs. Les producteurs de fruits et de légumes sont inquiets, comme l’a montré le grand nombre de participants au séminaire organisé cette semaine au Strickhof à Wülflingen. Des experts suisses et étrangers y ont présenté les derniers résultats de la recherche ainsi que des ébauches de solutions.

La punaise diabolique se propage fortement en Suisse. Ce ravageur importé d’Asie peut attaquer plus de 200 plantes hôtes différentes. Dans l’arboriculture et dans la culture maraîchère notamment, les piqûres des punaises provoquent des déformations et des parties amères dans le tissu végétal. Les fruits et les légumes infestés ne peuvent plus être vendus pour la consommation à l’état frais et ne peuvent souvent même plus être transformés. En Italie, pays dans lequel la punaise diabolique est présente depuis un certain temps, les dégâts dans l’agriculture sont chiffrés à 350 millions d’euros en 2019.

L’arboriculture et la culture maraîchère suisses sont fortement touchées

Un recensement actuel de la Fruit-Union Suisse (FUS) montre l’ampleur des dégâts. Les cantons de Thurgovie et de Zurich sont particulièrement touchés. Avec 246 hectares, la Thurgovie arrive en deuxième position concernant la surface de poires. Les pertes y sont estimées à 25% de la récolte. En francs, les dégâts atteignent plus de trois millions rien que dans ce canton. S’ajoute à cela la charge supplémentaire de travail pour la cueillette et le tri. Les producteurs de poires du canton de Zurich sont aussi fortement touchés. Là aussi, les pertes s’élèvent à 25%, ce qui équivaut à 200 000 francs sur les près de 18 hectares. De leur côté, les cantons d’Argovie, de Saint-Gall, de Lucerne et de Zoug estiment les pertes à plus de 20%. Au total, elles devraient atteindre plusieurs millions de francs.

Des solutions rapides sont nécessaires

Un séminaire consacré à ce sujet s’est déroulé cette semaine au centre de compétence pour la formation et les prestations dans l’agriculture et le secteur alimentaire Strickhof à Wülflingen. Les producteurs de fruits ont demandé des solutions rapides pour soutenir la production indigène. Aucun produit phytosanitaire efficace n’est actuellement autorisé en Suisse pour lutter contre ce nouveau ravageur envahissant. Les expériences faites à l’étranger montrent néanmoins que des produits phytosanitaires combinés avec des auxiliaires permettent de protéger nos cultures contre la punaise diabolique. Il a été démontré cette année que le meilleur antagoniste naturel, la guêpe samouraï (Trissolcus japonicus), se propage déjà au sud et au nord des Alpes. Etant donné qu’elle se propage spontanément en Suisse, la FUS et l'Union maraîchère suisse demandent une autorisation générale pour la guêpe samouraï ainsi qu’une homologation d’urgence de produits phytosanitaires efficaces.

L'arboriculture est menacée de ruine sans produits phytosanitaires

À côté de la punaise diabolique, les coléoptères, la cochenille farineuse et la bactérie Xylella fastidiosa menacent aussi les cultures de fruits en Suisse. Afin de pouvoir continuer à protéger leurs cultures à l'avenir, les producteurs de fruits ont besoin de produits phytosanitaires. « Les gros dégâts causés par la punaise diabolique montrent que nous dépendons encore pour le moment de l'emploi ciblé et raisonné de produits phytosanitaires », souligne Jimmy Mariéthoz, le directeur de la FUS. Une interdiction générale de ces produits comme le demandent les deux initiatives sur la protection phytosanitaire rendrait impossible la production de fruits en Suisse selon lui.

Informations supplémentaires :

Christian Schoenbaechler, responsable marketing/communication
Téléphone +41 41 728 68 70, courriel christian.schoenbaechler@swissfruit.ch

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